L’auteur du film, et beaucoup de ceux qui l’ont soutenu ne prétendent pas à une illusoire objectivité. Ils ont agi en se fondant sur un certain nombre de convictions, de principes et de paradigmes.

  1. Patrimoine commun et relations du vivant au vivant
    Les savoirs ancestraux constituent un patrimoine commun à l’humanité, le fruit de siècles et de millénaires de pratiques, d’expérimentations, de partages, d’observation. Par son processus, la connaissance populaire et empirique sur les plantes médicinales est produite et transmise de génération en génération, dans une relation du vivant au vivant. Les plantes médicinales sont sans doute un des exemples les plus significatifs de cette connaissance vivante éprouvée. Pourquoi faudrait-il renier cet héritage ?
  2. Éliminer la maladie ou restaurer les équilibres ?
    La dispute entre la médecine savante et la médecine populaire repose entre autre sur des visions différentes du soin. Pour la médecine savante, il s’agit d’éliminer, de combattre les manifestations de la maladie en soi alors que la philosophie de la médecine par les plantes repose sur le rétablissement des équilibres au sein du système complexe à la fois physique, nerveux et mental qui constitue la personne. L’opposition entre les deux approches n’est-elle pas un non sens ? Ne peuvent-elles être complémentaires ?
  3. Coopération thérapeute-patient connaissance et autonomie du patient
    Le soin est le fruit d’une coopération entre le patient et le thérapeute. Cela fait de la connaissance acquise par le patient, des éléments essentiels de la conscience de lui-même dans son environnement et de son autonomie.
  4. Incertitude de la connaissance et illusion du contrôle
    La vraie vie est toujours plus complexe que les théories que l’on invente pour tenter de la comprendre. Il reste toujours une incertitude, une part d’inconnu, un phénomène inattendu, un facteur imprévu ou non maîtrisé. Ce sont les aléas du vivant à l’opposé de l’illusion du contrôle.
    Face au vivant la connaissance thérapeutique doit rester humble.
  5. Deux médecines: Démarche systémique versus démarche analytique mécanique
    Le développement de la connaissance scientifique a mis à l’honneur la théorie des systèmes. Cela veut dire que le tout est beaucoup plus que la somme des parties. Cela donne à l’interrelation, à la complémentarité, à la synergie, à la globalité un rôle primordial dans la dynamique du dit système. L’ensemble des méthodologies déployées par la pharmacologie tiennent-elles compte de cette approche ou bien en restent-elles aux seuls principes de la mécanique cartésienne ? Par contre, la médecine par les plantes repose sur la démarche systémique. Cela concerne l’impact de la plante, la relation à la plante, la relation au soin. Cela concerne aussi la plante dans la totalité de ses composants, ce qui lui confère une efficacité sans les inconvénients de l'extrait moléculaire. La médecine scientifique cherche à maîtriser la molécule, mais ne peut maîtriser le totum.
    Pourquoi faudrait-il opposer la médecine « savante » et les bienfaits des plantes ? Les plantes médicinales seraient-elles un simple « remède de bonne femme » ? La méthode scientifique pratiquée par la recherche médicale est-elle la seule source de vérité ? Comment expliquer alors les « mauvais » médicaments (médicaments sans effet, médicament dangereux cf Médiator) ?
  6. Confiance, rationalité et émotion, travail d'équipe
    Dans le soin, la confiance entre le patient et le thérapeute est un facteur décisif. Cependant quelle-est la source primordiale de la confiance ? Est-elle dans l’expertise extérieure et savante, dans l’institution ? Ou bien repose-t-elle sur la proximité, l’expérience, la simplicité, la transparence ? ... Et, plus simplement, sur l’humanité ?
    La connaissance active, comme celle des plantes médicinales n’a jamais été une connaissance froide. Au contraire, elle s’accompagne d’un lien affectif fort, elle combine la rationalité et l’émotion. Qu’est-ce qui faisait le talent des médecins de campagne d’antan ? Outre le savoir appris à la faculté de médecine, c’était aussi le lien de confiance, la connaissance et la reconnaissance des personnes, l’affection et le respect mutuel. La guérison était alors un vrai travail d’équipe, entre le patient, les proches et le médecin au coude à coude.